Publié : 5 août 2010

Laurence Legué, enseignante (CPa).

"Dans un premier temps, j’ai abordé les Droits de l’enfant en classe en leur demandant quels étaient selon eux les droits fondamentaux des enfants (reformulé ainsi : qui y-a-t-il de plus important pour un enfant pour être heureux ?). Là, les réponses furent très intéressantes : avoir une télé dans sa chambre, que les parents ne refusent jamais rien, pouvoir aller au parc ou jouer dehors chaque jour, manger des bonbons et au MacDonalds, etc. A aucun moment, un enfant n’a parlé de l’amour des parents, de la santé, d’avoir une maison, des amis, etc. Ils ont quand même signalé "aller à l’école", mais je suis intimement persuadée qu’ils ont dit ça pour me faire plaisir !


Après, nous avons découvert les "vrais" Droits de l’enfant à travers des contes adaptés à leur âge (ce qui n’était pas évident, car ce que nous avions trouvé était trop complexe ou trop sombre pour des enfants de 6 ans). Là, ce fut pour eux une révélation et une vraie mobilisation : ils ont réalisé qu’ils avaient beaucoup de chance, et en relisant ce qu’ils pensaient être important pour eux initialement, ils ont pu comprendre que des enfants n’avaient pas du tout les mêmes vies qu’eux et les mêmes soucis.


Ce projet a permis ainsi aux enfants de s’ouvrir vers les autres (enfants d’autres pays vivant la guerre au quotidien ou ne pouvant pas jouer, enfants d’ici handicapés ou enfants battus et manquant d’amour) ce qui est encore très difficile à cet âge ("nombrilisme" si on peut dire).

Scolairement parlant, ce projet a permis également de :

- travailler le langage oral car ce sujet très mobilisateur a fait qu’ils se sont investis et avaient tous envie de dire ce qu’ils pensaient ou ce qu’ils avaient sur le coeur.

- travailler la production d’écrits, car ils ont rédigé un conte autour des droits de l’enfant (l’histoire de Bibi, un petit alien malheureux sur sa planète où il n’y avait pas d’école et où ses parents ne l’aimaient pas). Ils ont réalisé un travail énorme autour de ce conte et se sont investis à 100%.

- A partir de ce conte, on a travaillé la musique : exprimer des sentiments ou bien une atmosphère avec un instrument de musique. Ils se sont ensuite produits dans un orchestre.
"